Hannibal est-il passé à BRAMANS ?

Hannibal beim Überqueren der Alpen

L'idée d'un passage à BRAMANS des troupes d'Hannibal commence à émerger véritablement dans les années 1920, date à laquelle un médecin chercheur anglais passionné d'archéologie, Marc Antoine de Lavis-Trafford , s'installe dans le village pour se livrer à des investigations sur ce fait historique.

 

De nombreux historiens préconisent le passage des Alpes par les troupes d'HANNIBAL au col Clapier en 218 Av JC, lors de la deuxième guerre punique, (218-202 av. J.-C.) qui opposèrent Rome à Carthage.

Pour voir le col clapier >>> ici

À la fin de l’année 219, ce général carthaginois quitte l’Espagne avec son armée de 50 000 fantassins, de 9 000 cavaliers et 37 éléphants (60 000 fantassins et 11 000 cavaliers selon Polybe) et traverse les Pyrénées puis les Alpes pour gagner le nord de l’Italie. Le général HANNIBAL BARCA remporte alors une série de victoires sur les légions romaines (les Romains sont défaits lors de la Bataille du Tessin), mais sans arriver à prendre la ville de Rome.


Les différentes hypothèses du tracé :

L’itinéraire emprunté par Hannibal reste toujours sujet à polémiques[26].

En octobre 218[24], les Alpes peuvent être franchies par le col du Petit-Saint-Bernard[21], par celui du Mont-Cenis ou encore par celui de Montgenèvre[26],[31]. Certains auteurs indiquent qu’il emprunte le col du Clapier[52] ou, plus au sud, le col de Larche. Les détails fournis par Polybe[53] et Tite-Live[54] sont très imprécis. Par ailleurs, aucune trace archéologique n’apporte de preuves irréfutables d’un quelconque itinéraire. Toutes les hypothèses avancées, souvent par des spécialistes mais aussi par des auteurs plus imaginatifs, le sont sur l’interprétation des textes de Tite-Live et de Polybe (près d’un millier d’ouvrages ont déjà été écrits sur le sujet[55]).

L’une des caractéristiques majeures du col par lequel Hannibal aurait franchi les Alpes est la vue que l’on a du col sur la plaine du Pô. Hannibal y aurait en effet montré la plaine du Pô à ses soldats affamés et découragés[56]. Dans les Alpes septentrionales, du Montgenèvre au Grand-Saint-Bernard, seul le col de Savine-Coche et le col de Larche permettent cette vue[57]. Reste que les partisans du Petit-Saint-Bernard contestent le sens de la phrase de Polybe, qui écrit :

« Les soldats, consternés par le souvenir des maux qu’ils avaient soufferts, et ne se figurant qu’avec effroi ceux qu’ils avaient encore à endurer, semblaient perdre courage. Hannibal les assemble, et comme du haut des Alpes, qui semblent être la citadelle de l’Italie, on voit à découvert toutes ces vastes plaines que le Pô arrose de ses eaux, il se servit de ce beau spectacle, unique ressource qui lui restait, pour remettre ses soldats de leur frayeur. En même temps, il leur montra du doigt le point où Rome était située et leur rappela qu’ils avaient pour eux la bonne volonté des peuples qui habitaient le pays qu’ils avaient sous les yeux[53]. »

Cette scène est représentée dans de nombreux tableaux et dessins dont l’un de Francisco de Goya[58]. Les partisans du Petit-Saint-Bernard affirment que les brouillards qui s’élèvent souvent de la plaine du Pô empêchent de voir celle-ci. Pourtant, cette plaine a été vue et photographiée de nombreuses fois. Un exemple figure sur le site de Patrick Hunt, professeur d’archéologie à Stanford, consacré à ses recherches du col par lequel Hannibal serait passé en Italie. Ce dernier considère lui aussi le col du Clapier comme le seul col qui réponde parfaitement aux textes antiques. Polybe donne également une autre caractéristique majeure :

« Hannibal, arrivé dans l’Italie avec l’armée que nous avons vue plus haut, campa au pied des Alpes, pour donner quelque repos à ses troupes [...] il tâcha d’abord d’engager les peuples du territoire de Turin, peuples situés au pied des Alpes[59].»

 Dans les Alpes septentrionales, un seul col satisferait à ces deux conditions (vue sur la plaine du Pô et peuplement des Taurins) : le col Clapier. Ainsi, depuis le colonel Perrin en 1883, de nombreux auteurs se rallient à cette thèse[60]. La seule exception notable est la thèse de Sir Gavin de Beer (publiée en 1955) qui propose le col de la Traversette dans les Alpes méridionales, près du mont Viso. Son tracé ne traverse pas le pays des Allobroges et son hypothèse est violemment contestée, y compris en Angleterre.

Enfin, l’usage habituel des historiens antiques étant d’imaginer des discours vraisemblables placés dans la bouche des personnages historiques, il n’y a guère de raisons de croire à l’authenticité absolue de cette scène, et au geste d’orateur qui l’accompagne. Dès lors qu’il est possible que la scène relatée soit une aimable image d’Épinal, la comparaison des divers chemins envisageables ne peut emporter de décision définitive.

Selon les sources, Hannibal perd lors de cette traversée, entre 3 000[61] et 20 000 hommes[19]. Les quelques survivants arrivant en Italie sont affamés et ont souffert du froid[19].

Renvois

[19] (en) Richard Bedser, Hannibal V Rome, BBC et Atlantic Productions, Londres, 2005
[21] (fr) Aurelius Victor, Liber de viris illustribus, XLIII
[24] (en) Biographie d’Hannibal (Carthage Lives)
[25] (fr) Tite-Live, Histoire romaine, Livre XXI, 2
[26] (en) Biographie d’Hannibal (onzième édition de l’Encyclopædia Britannica)
[53] (fr) Polybe, Histoire générale, Livre III, 11
[54] (fr) Tite-Live, Histoire romaine, Livre XII, 31 et 35
[55] Aujourd’hui, Internet a pris le relais dans la quête d’une hypothétique réponse avec de nombreux sites dédiés
[56] (fr) Tite-Live, Histoire romaine, Livre XII, 35
[57] (fr) Hypothèse de la Maurienne (Hannibal dans les Alpes)
[58] (en) Francisco Goya, Hannibal the Conqueror, viewing Italy from the Alps for the first time, peinture à l’huile, 1770 (Erik Weems)
[59] (fr) Polybe, Histoire générale, Livre III, 12
[60] Ce sont notamment le colonel Paul Azan (1902), le capitaine Colin (1904), H. Ferrand (1908), Spenser Wilkinson (1911), Marc-Antoine de Lavis-Trafford (1956), l’historien savoyard Jean Prieur (1968), Serge Lancel (1996), le savant suisse E. Meyer, Guy Barruol (1996), Denis Proctor (1971), Wallbank (1977) ou J. F. Lazenby (1998).
[61] (en) Mary Macgregor, « Hannibal crosses the Alps », The Story of Rome, p. 182

 

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Le passage par le Col Clapier est-il possible ?

La démonstration a été réalisée en 1959, lorsque John HOYTE, étudiant de 26 ans à Oxford, loue un éléphant indien nommé, Jumbo, et traverse avec lui le plateau du Mont-Cenis sur les traces d'Hannibal. John HOYTE est devenu un "Hanniphile" en 1955 alors qu'il étudiait à Cambridge. En 1956, il dirige un groupe de reconnaissance dans les Alpes, et trouve divers itinéraires possibles, dont celui du Col Clapier, le plus probable selon lui. Il passe ensuite à l'étape suivante : pour prouver que la route était adapté pour un éléphant, il voyage avec son pachyderme JUMBO sur l'itinéraire et dans les délais pris par Hannibal.

"La semaine dernière, Grafite a quitté le village français de Montmelian, avec sept compagnons (y compris vétérinaire) et une femelle éléphant Jumbo de 5700 lbs, empruntée au zoo de Turin. Dans le cadre des préparatifs pour le voyage, Jumbo a réalisé de longues marches quotidiennes[...]

Des semelles de bottes spéciales en cuir de 30 pouces de haut et pesant près de 30 lbs chacune ont été construits pour protéger ses pieds. Pour se prémunir contre le froid et contre les chocs et les éraflures dans des passages étroits, elle était équipé de genouillères et d'une capote en toile rembourrée. [...] Trois tonnes de denrées alimentaires étaient prévues pour elle. Hannibal a dû repousser des lanceurs hostiles, Hoyte et Jumbo ont seulement dû éloigner des enfants, des foules, réceptions, et des toasts ou vin d'honneur !"

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Elephants d'HannibalElephant d'Hannibal

Le texte de Tite Live

[21,35] XXXV. Le lendemain, les barbares mettent moins de vivacité dans leurs attaques, et on parvient à réunir les troupes et à franchir les gorges avec une perte assez considérable, en chevaux toutefois plus qu'en hommes Dès lors, les montagnards ne se montrèrent plus qu'en petit nombre; c'étaient des brigands, plutôt que des ennemis, qui venaient fondre tantôt sur la tête, tantôt sur la queue de l'armée, selon que le terrain leur était favorable, ou qu'ils pouvaient surprendre ou les traînards ou ceux qui s'étaient trop avancés. Les éléphants dans les routes étroites, dans les pentes rapides, retardaient beaucoup la marche; mais leur voisinage était partout un rempart contre l'ennemi, qui n'osait approcher de trop près ces animaux inconnus. On fut neuf jours à atteindre le sommet des Alpes, à travers des chemins non frayés où l'on s'égarait souvent, soit par la perfidie des guides, soit par les conjectures de la défiance même, qui engageait au hasard les troupes dans des vallons sans issue. On s'arrêta deux jours sur ces hauteurs, pour donner aux soldats épuisés le repos nécessaire après tant de fatigues et de combats: là, plusieurs bêtes de somme, qui avaient glissé le long des rochers, regagnèrent le camp sur les traces de l'armée. Déjà des maux sans nombre avaient jeté les esprits dans l'accablement le plus profond; bientôt, surcroît de terreur!, on voit tomber une neige abondante; c'était l'époque du coucher de la constellation des Pléiades. On n'aperçut que monceaux de neige, lorsque, au point du jour, on se remit en marche; les Carthaginois avançaient à pas lents; l'abattement et le désespoir étaient peints sur tous les visages. Annibal prend alors les devants, s'arrête à une sorte de promontoire qui offre de toutes parts une vue immense, fait faire halte à ses soldats, leur montre l'Italie, et, au pied des Alpes, les campagnes baignées par le Pô. "Vous escaladez, dit-il, en ce moment les remparts de l'Italie; que dis-je? les murs mêmes de Rome. Plus d'obstacles bientôt; tout s'aplanira devant vous: une bataille, deux tout au plus, et la capitale, le boulevard de l'Italie est dans vos mains, en votre puissance." L'armée poursuit sa marche. L'ennemi, il est vrai, ne venait plus l'inquiéter que par la surprise de quelques bagages, s'il en trouvait l'occasion. Au reste, la descente offrait bien plus d'obstacles que la montée, en ce que la pente des Alpes, qui, du côté de l'Italie, a moins d'étendue, est aussi plus rapide. En effet, presque tout le chemin était à pic, étroit et glissant: là, nul moyen d'éviter une chute; et, pour peu que le pied manquât, impossible de rester à l'endroit où l'on s'était abattu; en sorte qu'hommes et chevaux allaient rouler les uns sur les autres.

Pour voir le promontoire du col clapier >>> ici

Quelques uns des nombreux liens sur internet traitant du passage des alpes par HANNIBAL
Hannibal

Wikipédia : Hannibal BARCA
Pierre OLLIER: Recherche de l'itinéraire suivi par Hannibal dans les Alpes
Hannibal dans les alpes: Lien vers le site
Hannibal in the Alps: Stanford Alpine Archaeology Project 1994-2006
In the Alps, hunting for Hannibal's trail : Stanford University
Euroride auf den Spuren von Hannibal? : Lien vers le site
Site (en) de Patrick Hunt : Lien vers le site
Jak armii Hannibala [...] Alpy? : Lien vers le site